C'est sous une chaleur exceptionnelle, au cœur de la journée la plus caniculaire de cet épisode estival, que notre groupe s'est retrouvé à Écouen pour une escapade particulièrement riche en découvertes. Heureusement, les déplacements entre les différentes étapes furent largement adoucis par la traversée de la magnifique forêt d'Écouen, dont l'ombre bienvenue contribua grandement au confort de cette journée.
La matinée était consacrée à la visite du Musée national de la Renaissance, installé dans l'imposant château d'Écouen, construit au XVIe siècle pour Anne de Montmorency, connétable de France et l'un des plus puissants personnages du royaume. Au-delà de la richesse des collections présentées, le château lui-même a retenu toute notre attention. Son architecture, ses décors sculptés et surtout ses remarquables cheminées témoignent du raffinement de la Renaissance française et de l'ambition de son illustre propriétaire. Les tapisseries monumentales, notamment celles de L'Histoire de David et Bethsabée, ainsi que les appartements historiques ont permis de mieux comprendre les goûts artistiques et les modes de représentation du pouvoir à cette époque.
L'après-midi nous a conduits à la rencontre de l'Association des peintres d'Écouen, gardienne de la mémoire de cette colonie artistique qui fit la renommée du village au XIXe siècle. Nos hôtes nous ont présenté l'histoire de ce groupe de peintres réunis autour de Pierre-Édouard Frère, dont les œuvres naturalistes s'attachaient à représenter avec sensibilité la vie rurale, les paysages et très souvent les animaux qui peuplaient alors les campagnes. Ils ont également rappelé l'intérêt considérable que suscita l'École d'Écouen auprès des collectionneurs et amateurs américains, nombreux à acquérir ces œuvres et à contribuer ainsi à leur rayonnement international. Aujourd'hui encore, nombre de tableaux des peintres d'Écouen sont conservés dans les musées et collections des États-Unis.
Cette rencontre chaleureuse a permis d'établir un intéressant dialogue entre deux moments très différents de l'histoire de l'art : d'un côté la splendeur aristocratique de la Renaissance, de l'autre le regard attentif et profondément humain porté par les peintres d'Écouen sur la nature et le monde rural. Une journée dense et passionnante qui, malgré la chaleur, a pleinement tenu ses promesses.